Physionomie des campagnes

Paysanne

Rédigé par Nicolas Hirsch
Le 17/02/2009


 

Parcelles et droit

Sous la Révolution et l'Empire, les paysans connaissent une nouvelle vie, débarrassés des droits féodaux accompagné d'un allègement de l'impôt. D'une manière générale, on vit mieux. Les journaliers et les brassiers, du fait de la conscription trouvent plus facilement du travail et sont mieux payés.

 

Sous l'Empire, il y a moins de naissances, c'est un facteur pour limiter au maximum le partage de l'héritage, une attitude auparavant réservée aux élites. Car en effet le paysan français est un propriétaire, presque tous possèdent une terre. Cette propriété générale explique l'importance que revêt ce droit dans le code civil et l'attachement que les français lui portent. Le code civil prévoit l'égalité devant la succession même s'il est possible de favoriser très nettement un des héritiers. La coutume traditionnelle de l'héritage varie selon les régions, dans les Pyrénées le droit d'aînesse continue d'être pratiqué, dans le Gévaudan, l'héritier est le premier enfant qui se marie et en Bretagne on effectue le partage égalitaire.

Il a deux types d'exploitations, les grandes et les petites. Les grandes se retrouvent principalement dans le sud-ouest. Les petites sont surtout le fait de la polyculture. Les paysans sont libres de cultiver ce qu'ils veulent, avec les instruments qu'ils désirent.

La propriété reste très morcelée, celles de moins d'un hectare dominent.

La vente des biens nationaux pouvait permettre à la masse paysanne d'accroître de façon significative ses biens. Hormis le Nord, cette vente profita surtout au milieu bourgeois. Il est à noter également un léger retour à la situation précédant 1789, en 1810 les émigrés ont recouvré près du quart de leur biens.

L'Empire permet cependant l'augmentation de la propriété, les paysans propriétaires passent en effet de 4 millions en 1789 à 7 millions en 1810, mais cette parcelle ne suffit pas pour 80% d'entre eux et ils ont souvent recours à l'artisanat.

L'habitat

L'extérieur

Dans les campagnes, les plus modestes vivent dans de petites maisonnettes d'une ou deux pièces, prolongées par des appentis indépendants. Il n'y a guère plus qu'en montagne que les animaux sont enfermés à côté des hommes, avec une simple claire voie de séparation. Pour ceux qui ont un peu plus de moyens, la maison reste modeste mais les bâtiments annexes se multiplient : une étable, un poulailler, une porcherie sont répartis en équerre autour d'une cour ouverte. Seuls les plus riches fermiers y ajoutent encore une écurie, une remise à charrettes ou un hangar. Leurs habitations ont trois ou quatre pièces. Souvent ces maisons sont de plain-pied, mais il arrive qu'ils construisent en hauteur. Dans ce cas les logements sont au premier étage et en-dessous, le cellier ou l'étable.

Quelques matériaux employés :

  • Moellons de pierre : Charente, Touraine
  • Colombages de bois : Alsace, Normandie
  • Galets et torchis : Béarn
  • Tout en bois : zone de montagne
  • Le chaume couvre la majorité des toitures, les riches utilisent de l'ardoise ou des tuiles.

 

L'intérieur

Le sol n'est qu'une terre battue pour les plus pauvres, des carreaux de céramique pour les moins modestes. Les murs sont souvent recouverts d'un enduit de chaux. La décoration se compose de l'incontournable horloge, les images d'Epinal souvent issues des gazettes et des almanachs, le buste de l'empereur posé sur la cheminée qui est l'unique source de chaleur. Le lit est en noyer le plus souvent. On s'assoit sur des bancs ou des chaises paillées.

Pas d'eau courante évidemment, on va alors chercher l'eau du puits, placé parfois au centre de la cour... pour les besoins on utilise le pot de chambre. On s'éclaire à la chandelle de suif de bœuf ou de mouton.



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