Les grands projets d'urbanisme à Lyon au XVIIIe siècle

Jean-Antoine Morand

Rédigé par Antoine Quévreux
Le 01/03/2009


 

Il fut peintre de décors d’opéras, graveur, architecte.
En 1764, 1766 et 1768, il présente aux échevins de la ville de Lyon, aux Hospices et au roi son « Projet d’un plan général de la ville de Lyon et de son agrandissement en forme circulaire dans les terrains des Brotteaux ».

Ses principales propositions :

  • Destruction des maisons ayant les pieds dans l’eau de Bourgneuf (rive droite de la Saône) à St Georges. Ceci a été réalisé partiellement durant la Révolution.
  • Destruction des maisons du quai de la Pêcherie (réalisée de 1828 à 1840).
  • Etablissement d’un axe Terreaux-Confort (place des jacobins). Réalisé sous la monarchie de juillet.
  • Esquisse d’un déplacement du confluent vers le sud.
  • Agrandissement de la ville à l’est sur les terrains des Brotteaux (dont les Hospices sont principalement propriétaires).


Il propose aussi le projet d’un quartier réglé par un plan de type Hippodamien.
Des rues de largeurs diverses se coupent à angle droit jalonnées par des places carrées. Cette composition s’articule de part et d’autre d’un grand axe est-ouest : la « Grande Allée » (cours Vitton actuel). C’est une promenade ombragée réalisée par les Hospices dès 1760. Dans l’axe de cette allée, le plan propose un nouveau pont sur le Rhône. Enfin, Morand projette un canal en arc de cercle dérivant les eaux du fleuve.


Pont Morand, 1840 

Les Hospices opposent une forte résistance. Ceux-ci voulaient faire des Brotteaux un espace ludique (baraques foraines, boissons et glaces etc…). A cela s’ajoute le fait que les Hospices ont un monopole des passages sur le Rhône. Et le nouveau pont de Morand vient les contrarier.
Morand doit alors établir un plan commun avec Cyr Decrénice (voyer des Hospices). Ce nouveau plan voit disparaître le projet de canal, mais le principal est sauvé. Le travail peut débuter. Le pont est achevé en 1779 mais la construction du quartier progresse lentement. La Révolution met un coup d’arrêt aux opérations. Elles ne reprennent qu’au cours du XIXe siècle.
En 1794, Jean-Antoine Morand est guillotiné place des Terreaux pour sa fidélité au roi.


Projet Perrache 

Le projet Perrache (1726-1779)

Sculpteur et ingénieur lyonnais. En 1769, il présente au consulat de Lyon (pouvoir municipal) un projet intitulé : « Plan géométral de la ville de Lyon avec ses agrandissements dans la partie méridionale ».
A ce moment, le confluent entre la Saône et le Rhône se situe légèrement au sud de l’abbaye d’Ainay et des remparts qui la protègent. Perrache réalise une chaussée de 1771 à1776 qui prolonge les quais Monsieur et de la Charité (rive droite du Rhône). Cette chaussée permet de repousser le confluent jusqu’au coteau de la Mulatière. La chaussée est plantée de peupliers d’Italie ombrageant une promenade.

3 autres objectifs :

  • Un pont (celui de la Mulatière) construit en 1778 qui s’écroule en 1783, reconstruit en 1792.
  • Une gare d’eau avec un port en demi-cercle (au niveau de la gare Perrache actuelle) alimenté par une dérivation de la Saône. Ce port est prolongé par le canal des moulins (qui rejoint le confluent) dont le courant devait faire tourner des moulins. Ceci est un échec, le courant ne s’avère pas assez fort pour actionner les moulins. Ce projet est laissé à l’abandon et des traces restent visibles sous la Révolution et l’Empire.
  • En 1771 Antoine-Michel Perrache fonde une entreprise lyonnaise, la « compagnie Perrache ». Une de ses principales missions concerne l’aménagement d’un quartier entre la gare d’eau et le quartier d’Ainay. Plan structuré « à la Morand » avec des rues en damier comportant une place centrale (place Carnot actuelle). Un axe avec la place Bellecour est tracé, légèrement décalé au XIXe siècle (rue V.Hugo actuelle). L’aménagement du quartier est achevé au XIXe siècle.

Au sud de la gare d’eau (zone amphibie des îles Moignat) le projet de Perrache est plus confus. Il semble qu’il ait voulu y aménager des parcs, des jardins et des maisons de campagne. Cette idée est reprise en 1807 avec le projet d’un parc et d’un palais impérial (la ville rachète alors les terrains à la compagnie Perrache). Mais ce n’est qu’à la Restauration que la ville de Lyon aménage vraiment cette partie de la presqu’île.



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